[04] Rencontre avec Terre de Liens et le Champ des Possibles

25 juin 2015
Proposée par Clara
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Le 26 juin 2015 nous avons rencontré Dominique Abada-Simon et Jean Azan, administrateurs de Terres de Liens Ile de France (>) , ainsi que Perrine Ruamps des Champs des possibles qui nous ont expliqué comment ils œuvraient contre la disparition des terres agricoles.
Car en Ile de France, comme partout ailleurs, des terres agricoles disparaissent. Face à ce qui semble inéluctable, les citoyens luttent, ainsi que certains de leurs élus. Et Terres de Liens, sur le terrain, parvient encore à faire pousser des fermes, en agriculture paysanne, voire biologique.

Terres de liens esDominique Abada-Simon et Jean Hazan (Terre de liens)t un mouvement citoyen, fondé en 1998 par Sjoerd Wartena. Il est doté d’une triple structure : une association loi 1901, une foncière (créé en 2006 en association avec la banque coopérative La Nef), qui permet de placer l’argent de ses actionnaires afin de racheter des terres qu’elle loue ensuite aux porteurs de projets d’installation en agriculture paysanne ou biologique soutenus par l’association, et enfin, une fondation reconnue d’utilité publique en 2013 qui recueille les dons et a pour vocation de préserver les terres qui lui sont données pour l’éternité. Ce n’est pas tout : en s’implantant dans les régions, l’association Terres de liens soutient les agriculteurs , notamment en partenariat avec le réseau des AMAP.

 

Perrine Ruamps, chargée de mission aux Champs des PossiblesImplanté en Ile de France depuis 2011, Terres de Liens a ainsi permis l’installation de 5 projets, sur trois fermes. Le pôle Abiosol , composé de Terre de Liens Île de France, le GAB IdF, le Réseau des AMAP IdF et les Champs des possibles accompagne les porteurs de projet, citoyens ou collectivités, dans le développement d’une agriculture biologique et solidaire respectueuse des hommes et de l’environnement.

 

Des paysans en région parisienne?
Bien sûr qu’il en existe encore, même si, depuis 20 ans, la surface des terres agricoles a diminué de 50%, n’occupant plus que 7% du territoire autour des 30km autour de Paris. L’absence de relève et l’augmentation du coût des terres, devenu inaccessible à d’éventuels repreneurs, les fait cependant peu à peu disparaître. Alors qu’il y a 50 ans, le maraîchage francilien suffisait à nourrir Paris, l’ autonomie alimentaire de la région, approvisionnée en denrées fraîches principalement par des camions venus de l’autre bout de la France, voire de toute l’Europe, est devenue ridiculement faible, trois jours tout au plus.
Et, avec l’extension du Grand Paris, notamment sur le plateau de Saclay, la plaine de Montesson ou le triangle de Gonesse (projet Europa City) , l’installation d’infrastructures de transport, d’habitations, de centres de loisirs et de centres commerciaux, devrait finir de bétonner une bonne partie des terres arables propices à des activités de maraîchage, et ce, malgré la sanctuarisation de quelques 2000 hectares de terres agricoles.

Un exemple réussi

TerresdeliensIdf-fermeThomas Roche, fin 2012, après 6 ans passés en production maraîchère, horticole et arboricole souhaitait créer sa propre exploitation. En quête de terres, il rencontre alors les propriétaires d’une ferme en maraîchage à Milly-la-Forêt , en bordure de la forêt de Fontainebleau. Ceux-ci sont heureux de trouver un repreneur. Mais Thomas n’a pas les moyens d’acheter! Il fait alors appel à Terre de Liens Ile de France pour lui permettre de concrétiser cette installation. En achetant la ferme, et en la lui louant, Terre de liens lui permet de s’installer en avril 2014. À présent, il livre déjà une soixantaine de paniers en légumes à travers deux AMAP. Il envisage désormais de produire des plantes aromatiques et médicinales ainsi que de petits fruits.