[08] Ressources : la Terre à bout de souffle

8 août 2015
Proposée par Julia
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[08] Ressources : la Terre à bout de souffle

Le concept d’empreinte écologique ça vous dit quelque chose?
Si l’ensemble de l’humanité vivait comme nous, les « Frenchies », les rois de la galoche et de la brosse à dents annuelle, il faudrait 2,5 planètes pour subvenir à nos besoins.
Et si nous vivions tous comme des Américains (libres @ vous de trouver les périphrases associées), l’en faudrait au moins 4…
Alors, de deux choses l’une, soit on se dit : « Ouf… Heureusement qu’il y a les pauvres! » Et on continue sur notre lancée, en croisant les doigts pour coloniser Mars les premiers, soit on décide qu’il est grand temps de changer et on se presse énergiquement le citron pour trouver des solutions.

 

Portrait Stéphane Sarrade

Stéphane Sarrade

C’est précisément ce que Stéphane Sarrade fait. Chef du département de physico-chimie et directeur de recherche au CEA Saclay (Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives), Stéphane Sarrade s’est spécialisé dans le développement d’éco-procédés dans le domaine de la chimie verte…
Si comme moi vous avez tendance à vous dire qu’il s’agit là d’un oxymore, ravalez vite votre venin et ouvrez grand vos oreilles : la chimie verte ça existe pour de vrai, y a même des chercheurs qui bossent dessus! Et quand bien même cet argument ne ferait pas office de preuve à vos yeux, bande de lecteurs incrédules, sachez que cette nouvelle discipline, qui se veut attentive à son impact sur l’environnement et désireuse de mettre au point des procédés de production dits « durables », pourrait bien se retrouver au carrefour des enjeux majeurs du XXIe siècle…
Eh oui! Puisque nos sociétés rêvent toujours de croissance infinie — mythe sur lequel repose tragiquement l’ensemble de nos économies — et puisqu’il est manifestement trop douloureux d’intégrer dans nos modes de production la « finitude » des ressources de notre petite planète, la chimie verte, qui promet de faire pareil ou à peu près, mais avec moins, ou en mieux, c’est-à-dire en élaborant des alternatives au « tout fossile », en limitant les ponctions sur les ressources et les rejets dans l’environnement, a plus que de beaux jours devant elle.

 

Lors de cette conférence donnée dans le cadre du Festival d’astronomie de Fleurance (Gers), et introduite par son président, Bruno Monflier, Stéphane Sarrade dresse le bilan de nos besoins versus l’état des ressources de la planète en pétrole, gaz, charbon, uranium, etc., ressources sur lesquelles repose notre mode de vie à l’occidentale.
Surtout, il se penche sur le problème autrement plus crucial de l’accès à l’eau.
De fait, si on peut réussir à (se convaincre de) vivre sans pétrole et sans écran plat, on ne peut vivre que 3 minutes sans respirer, 3 jours sans boire et 3 mois sans s’alimenter. Imparable.
Or, actuellement entre 700 et 900 millions de personnes n’ont pas d’accès direct à l’eau potable et 2 millions d’enfants meurent chaque année de cette situation.
L’effroyable paradoxe, c’est que si la planète est composée à 70% d’eau, seule une infime partie de cette ressource est directement utilisable.
Quid de ces chiffres lorsque l’humanité avoisinera les 9 milliards d’individus, comme on l’envisage à l’horizon 2050?

 

Des fluides supercritiques aux procédés membranaires, dont la très prometteuse technique de l’osmose inverse, Stéphane Sarrade développe ici quelques unes des réponses apportées par la chimie au problème majeur de la préservation des ressources en eau.

 

Aller plus loin…
Stéphane Sarrade a écrit plusieurs ouvrages de vulgarisation scientifique, dont La chimie d’une planète durable (éd. Le Pommier), pour lequel il a reçu le prix littéraire « La Science se livre », en 2012.
Le blog de Stéphane Sarrade: chimie verte et plus encore…
Le site du Festival d’astronomie de Fleurance
bandeau web Festival Astro 2015