[03] Rencontre avec Patrick de Kochko, du Réseau Semences Paysannes

17 mai 2016
Proposée par Julia
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[03] Rencontre avec Patrick de Kochko, du Réseau Semences Paysannes

Dans une première vie, Patrick de Kochko a d’abord été chercheur à l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique), puis au CIRAD (l’organisme français de Recherche Agronomique et de Coopération Internationale pour le Développement Durable des régions tropicales et méditerranéennes).
Au sein de la Commission Européenne, il a participé à la mise en œuvre de programmes de développement rural en Asie et pris conscience d’une chose : la meilleure façon d’aider les paysans du Sud consiste à pratiquer une agriculture propre et non exportatrice au Nord.
Vaste chantier…

 

En s’installant comme paysan bio dans le Lot-et-Garonne (Sud-Ouest), il est loin d’imaginer qu’il ve se heurter d’emblée au problème des OGM. Mais les contrôles pratiqués sur sa première récolte de soja biologique révèlent, d’entrée de jeu, une contamination par du soja génétiquement modifié.
S’ensuivit plusieurs procédures juridiques à l’issue desquelles il put constater, dans les tribunaux comme sur le terrain, l’impossibilité de la coexistence d’une agriculture paysanne biologique avec une agriculture conventionnelle.

 
Portrait P de Kochko Depuis, Patrick de Kochko a rejoint le Réseau Semences Paysannes qui œuvre, depuis 2003, pour la reconnaissance des droits des paysans à sélectionner, reproduire, échanger et vendre leurs propres semences, quand la législation tend à étouffer cette liberté au profit des seules semences commerciales sélectionnées par les grands groupes de semenciers spécialisés (Monsanto, DuPont, Syngenta, Limagrain, Bayer, etc.).
Une législation qui n’est pas étrangère à la perte d’autonomie dramatique dont souffrent les paysans, et à la disparition de leurs savoir-faire ancestraux en matière de semences et de plants. Sans oublier, bien sûr, l’inquiétante érosion de la biodiversité.

 

Patrick de Kochko était encore, il y a peu, vice-président du Comité Economique Ethique et Social (CEES) au Haut Conseil des Biotechnologies (HCB), une instance « indépendante » créée en 2008 et chargée d’éclairer les décisions publiques sur toutes les questions relatives aux OGM et aux biotechnologies en général.
Mais ça c’était avant… Avant que le bureau du HCB ne décide de passer sous silence le seul avis divergent concernant son rapport provisoire d’évaluation des NPBT (new plant breeding technics), ces nouvelles technologies de manipulation génétique auxquelles les écologistes préfèrent le terme plus explicite d’OGM cachés.
Face à cette censure qu’il juge inadmissible et considérant que le HCB n’est plus en capacité de remplir son rôle d’instance indépendante d’évaluation chargée d’éclairer la décision publique, Patrick de Kochko a préféré donner sa démission le 09 avril dernier.
En théorie, donc… les missions du HCB consistaient à évaluer les risques liés à l’utilisation des biotechnologies, en particulier des OGM, pour l’environnement et la santé publique et à analyser les impacts économiques et sociaux, ainsi que les questions éthiques que cette utilisation soulève.
Le HCB travaille notamment auprès des ministères chargés de l’Environnement, de l’Agriculture, de la Recherche, de la Santé, et de la Consommation.

 

Aller plus loin…
Le site du Réseau Semences Paysannes
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