[01] Dis maman, c’était quoi une abeille?

1 août 2015
Proposée par Julia
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[01] Dis maman, c’était quoi une abeille?

Avis à Winnie l’ourson et aux autres « miellophages »! Pardonnez le néologisme, mais compte tenu de la dernière réforme de l’orthographe, on peut parier que même les académiciens n’y verront que du feu… L’heure est grave !
L’heure est grave car les abeilles sont victimes d’une véritable hécatombe, pour ne pas dire un génocide, et pour changer, comme l’aurait dit le grand Jacques qui était parfois inspiré, nous regardons ailleurs…

 

C’est en 1994, avec l’apparition des néonicotinoïdes, ces insecticides neurotoxiques, que le déclin des colonies d’abeilles s’est sérieusement accéléré.
Leur taux de mortalité est passé de 5 à 30% en moyenne, avec des pertes allant parfois jusqu’à 80% dans certains secteurs. Quant à la production française de miel, elle a été simplement divisée par deux en 20 ans.

 

Pour toi qui aime les chiffres, du factuel, du concret! En 1995, la France jouissait encore d’une production avoisinant 33.000 tonnes de miel par an, qu’elle devait néanmoins compléter par l’importation de 6 à 7.000 tonnes pour satisfaire la demande des consommateurs.
Depuis 2012, la situation s’est considérablement aggravée et les apiculteurs doivent faire face à des pertes sans précédent.
En 2014, annus particulièrement horribilis, la production française s’est effondrée autour de 10.000 tonnes. A l’inverse, c’est mathématique, jackpot pour nos voisins, avec 30.000 tonnes de miel importées.
Les chiffres les plus récents montrent une légère augmentation, environ 16.000 tonnes produites en 2015, mais toujours insuffisante pour contrebalancer les importations (de l’ordre de 28.000 tonnes).

 

C’est lors de la 7e édition du festival Paysages in Marciac, dans le Gers, que nous avons eu la chance de croiser la route d’Henri Clément, porte-parole de l’UNAF, l’union nationale de l’apiculture française. Ce syndicat professionnel compte une centaine de syndicats départementaux et regroupe plus de 20.000 apiculteurs en France.
Ses missions consistent à promouvoir et garantir la qualité des produits de la ruche, à défendre les intérêts de la filière et de plus en plus, à protéger les abeilles contre les multiples fléaux dont elles sont victimes : pesticides systémiques, OGM, VRTH (comprenez Variétés de plantes rendues Tolérantes aux Herbicides, mais les écologistes leur préfèrent le terme plus explicite d’OGM cachés), sans parler du varroa — un acarien qui parasite les ruchers — du frelon asiatique et d’autres parasites qui ont récemment fait leur apparition sur les terres européennes, comme le petit coléoptère des ruches (aethina tumida) et le cynips du châtaigner.

 

L’occasion pour nous de faire le point sur la situation des abeilles, ces sentinelles de l’environnement, et sur leur difficile cohabitation avec les tenants de l’agriculture conventionnelle.

 

Aller plus loin…
Le site de l’Union Nationale de l’Apiculture de France
Le festival Paysages in Marciac