Fukushima : une augmentation avérée des cancers de la thyroïde chez l’enfant

Publié le: 6 mars 2016

Auteur(s): Pr. Toshihide Tsuda ( traduction française : Cécile Asanuma-Brice)

Crédit(s): Conférence de presse du Pr.Tsuda, le 10 novembre 2015, à la Fondation Charles-Leopold Meyer pour le progrès de l'homm

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Dès le mois d’octobre 2011, soit peu après la catastrophe nucléaire de Fukushima Daiichi, un suivi de la thyroïde a été systématiquement proposé aux enfants et jeunes habitants du département de Fukushima âgés de moins de 18 ans. Deux vagues d’examen ont ainsi été menées de 2011 à 2013, puis de 2014 à 2015. Depuis février 2013, les résultats (données brutes) sont accessibles auprès du département de Fukushima. Toutefois, aucune analyse n’en avait jusqu’à présent été faite ! Difficile dans ce contexte de savoir s’il y a oui ou non une inférence causale, mais aussi pour les dirigeants de planifier une quelconque politique de santé publique, ou pour les habitants d’avoir une visibilité sur leur avenir… L’ équipe du Pr. Toshihide Tsuda à l’Université d’Okayama a analysé ses données grâce à des méthodes épidémiologiques standards, et soumis les résultats sous la forme d’un article accepté et publié en ligne le 6 octobre 2015 dans la revue Epidemiology, la revue officielle de l’International Society of Environmental Epidemiology, sous le titre « Thyroid Cancer Detection by Ultrasound among Residents Aged 18 Years and Younger in Fukushima, Japan: 2011 to 2014» .

Résumé de l’article

Contexte : Suite au grand tremblement de terre et au raz-de-marée de mars 2011, des éléments radioactifs ont été rejetés de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Compte tenu des connaissances existantes, la préoccupation relative à une incidence accrue de cancer de la thyroïde parmi les habitants exposés aux rejets a émergé.

 

Méthodes : Suite aux rejets, le département de Fukushima a effectué des examens de la thyroïde par ultrason sur l’ensemble de la population de moins de 18 ans. La première vague d’examens concerne 298.577 personnes (au 31 décembre 2014), et la seconde vague a débuté en avril 2014. Nous avons analysé les résultats obtenus par le département durant ces deux vagues jusqu’au 31 décembre 2014, et les avons comparés à l’incidence annuelle nationale et à l’incidence au sein du département de Fukushima.

 

Résultats : En ayant recours à une période de latence de 4 ans, le plus fort taux d’incidence a été observé dans le district central du département, comparativement à l’incidence annuelle du Japon (taux d’incidence = 50; intervalle de confiance à 95%: 25, 90). La prévalence du cancer de la thyroïde était de 605 par million de personnes examinées (IC à 95%: 302, 1082) et le rapport des cotes de cette prévalence comparée au district de référence du département de Fukushima était de 2,6 (95% CI: 0.99, 7.0). A la seconde phase, même en faisant l’hypothèse que le groupe de personne qui n’ont pas encore eu confirmation des résultats ne soient pas atteintes du cancer de la thyroïde, si l’on se limite aux personnes dont le résultat a été confirmé, le taux était déjà multiplié par 12.

 

Conclusions: Un excès de cancer de la thyroïde a été détecté par ultrason chez les enfants et les adolescents du département de Fukushima dans les 4 ans ayant suivi les rejets radioactifs, et ne peut probablement pas être expliqué par un effet de dépistage.

 

Significativité de la publication de l’article, le problème de l’effet de dépistage et le discours sur le surdiagnostic


Notre analyse révèle, d’une part, que l’incidence du cancer de la thyroïde dans les trois ans après l’accident s’est accrue de plusieurs dizaines de fois chez les habitants de Fukushima âgés de moins de 18 ans au moment de l’accident, en comparaison de l’incidence annuelle au Japon, et qu’il est, d’autre part, impossible d’attribuer cette hausse à des raisons autres que la radioactivité, telles que l’effet de dépistage ou le surdiagnostic. D’après les débats menés par certains spécialistes, l’effet de dépistage fait référence à la détection de soi-disant « véritables cancers » 2 à 3 ans avant qu’il ne soit possible de les diagnostiquer cliniquement. Le surdiagnostic renvoie quant à lui à la détection liée au dépistage de soi-disant « faux-cancers », ou d’une masse de cellules cancéreuses qui risquent de ne jamais être diagnostiqués comme un cancer durant la vie des personnes. Dans nombre de débats en cours, ces deux phénomènes sont communément dénommés « effet de dépistage », avec une signification se référant principalement à la définition du « surdiagnostic » telle que précédemment établie. Notre analyse révèle que l’incidence du cancer de la thyroïde à la fin 2014 dépasse de loin le risque de cancer d’un enfant de 15 ans établi par le rapport de l’OMS « Health risk assessment from the nuclear accident after the 2011 Great East Japan earthquake and tsunami », publié en février 2013. Surtout, alors qu’une tendance à un excès d’occurrence du cancer de la thyroïde a commencé à être observée à Tchernobyl en 1987 – l’année suivant l’accident, cette analyse montre, qu’en fait, la détection par ultrasons (échographie) a permis de détecter une incidence accrue de cancer de la thyroïde en 1 an.

Pourquoi les effets de dépistage et de surdiagnostic ne permettent-ils pas d’expliquer les cas de détection d’excès de cancer de la thyroïde ? Tout d’abord, le taux d’incidence du cancer de la thyroïde calculé dans notre analyse est 20 à 50 fois supérieur à celui d’avant l’accident. Il s’agit là d’un ordre de grandeur supérieur à l’incidence accrue de cancer de la thyroïde due à des causes différentes que celles de l’exposition au rayonnement, rapportée dans le passé. L’effet que l’on qualifie généralement d’« effet de dépistage » résulte en un taux d’incidence plusieurs fois plus élevé que le taux avant examen pour les cancers, dont le cancer de la thyroïde. Il est donc impossible d’expliquer le taux d’incidence élevé auquel nous aboutissons par des facteurs autres que la radiation.fukushima-2

Ensuite, malgré les déclarations sans cesse réitérées, selon lesquelles il n’existerait aucun précédent d’examen à grande échelle et de suivi de populations ayant subi des expositions faibles, de l’ampleur de l’enquête menée à Fukushima, il faut rappeler que des études ont été publiées relatives aux résultats des examens par ultrason à Tchernobyl auprès d’enfants et d’adolescents qui ont été conçus ou qui sont nés après l’accident, ou qui vivaient dans des zones avec une exposition à la contamination relativement faible. Un total de 47.203 a subi les tests, sans qu’aucune trace de cancer de la thyroïde soit détectée. Même si la tranche d’âge ne correspond pas à celle des populations examinées dans le département de Fukushima, ce résultat ne peut pas être expliqué par des différences dans le niveau de sophistication de l’équipement ultrason permettant de détecter des nodules de 5mm.

En outre, les variations géographiques des taux de cancers détectés (taux de prévalence) au sein du département de Fukushima ne peuvent être expliquées par un effet de dépistage ou de surdiagnostic. Par ailleurs, les premiers résultats de la seconde vague dont nous disposons font apparaître un taux d’incidence qui est déjà 20 fois supérieur au taux avant l’accident, même en faisant l’hypothèse d’une importante sous-estimation. L’analyse détaillée des données publiées le 31 août 2015, par zone et par district, fait apparaître le fait que les taux d’incidence dans certaines zones et dans certains districts commencent à excéder ceux de la première vague. Alors que les cas de cancer « silencieux » attribués à l’effet de dépistage et au surdiagnostic auraient dus être « récoltés » durant la première vague d’enquête (selon l’effet dit « de récolte »), on peut dire que les effets de l’irradiation dus à l’accident apparaissent déjà dans le département de Fukushima.

En plus du surdiagnostic, il est souvent fait état d’un sur-traitement. Toutefois, les données post-chirurgicales relatives aux personnes opérées du cancer de la thyroïde à l’université médicale de Fukushima montrent qu’il n’y a pas de preuve que des actes chirurgicaux prématurés ou excessifs aient été réalisés, à l’exception de trois cas où les patients et/ou leur famille ont opté pour une opération volontaire malgré la possibilité qui leur était donnée d’un suivi d’observation non chirurgical. Les données suggèrent plutôt une progression rapide du cancer chez les cas qui ont fait l’objet d’une opération.

Ci-dessous un extrait du document intitulé « Au sujet des cas d’opération requise » publié par le professeur Shinichi Suzuki, de l’université médicale de Fukushima :

« Au 31 mars 2015, parmi les personnes ayant subi un examen de la thyroïde, 104 ont subi une opération chirurgicale, 97 cas ont été opérés au sein de la Division de chirurgie endocrinienne et thyroïdienne de l’université médicale de Fukushima et 7 au sein d’autres sites. L’un des 97 cas s’étant avéré être, après l’opération, un nodule bénin, 96 cas de cancers de la thyroïde sont ici considérés. D’après l’examen pathologique, 93 d’entre eux étaient des cancers papillaires de la thyroïde, et 3 étaient des cas de cancer de la thyroïde peu différenciés. (…) Le diagnostic pathologique post-opératoire a révélé 28 cas (29%) porteurs d’une tumeur d’un diamètre inférieure à 10 mm, à l’exclusion de 14 cas porteurs d’une extension extra-thyroïdienne légère. 8 cas (8%) n’avaient pas de métastase de ganglion lymphatique, d’extension extra-thyroïdienne, ou de métastase à distance (pT1a pN0 M0). Parmi les 96 cas, une extension extra-thyroïdienne légère (pEX1) a été constatée chez 38 cas (39%), et les métastases de ganglion lymphatique étaient positives chez 72 cas (74%). »

Concernant d’abord le rapport de l’OMS Health risk assessment, la majorité des experts s’attendaient à une hausse de l’incidence du cancer de la thyroïde à Fukushima après l’accident. C’est pourquoi nos propres résultats et nos analyses n’ont pas suscité de forte opposition. Ces résultats et analyses ont été présentés dans les conférences annuelles de l’International Society for Environmental Epidemiology (ISEE) à Basel en 2013, Seattle en 2014, et Sao Paulo en 2015. Notre présentation a suscité un grand intérêt et les résultats de nos analyses ont été acceptés sans problème si ce n’est l’étonnement devant l’ampleur des taux mesurés. Cette réaction nous a amené à considérer le fossé énorme qui sépare les opinions des experts internationaux et, au Japon, les explications fondées sur l’effet de dépistage ou le surdiagnostic.

 

Recommandations du point de vue de la santé publique

Jusqu’à présent, aucune mesure de protection contre les radiations n’a été discutée concernant le département de Fukushima, mise à part l’évacuation. C’est pourquoi plusieurs de nos recommandations peuvent être présentées compte tenu des résultats de nos analyses.

  • Il n’y a aucune raison de ne pas se préparer à une incidence accrue à plein régime anticipée au delà de 5 ans après l’accident.
  • Dès à présent, les corps administratifs devraient établir d’urgence et mettre en place des contre-mesures, y compris au niveau des média, plutôt que de se demander si les cas de cancer de la thyroïde ont effectivement augmenté ou pas, ou de s’interroger sur leur relation causale avec l’exposition aux rayonnement.
  • En préparation d’un accroissement potentiel du nombre de cas de cancer de la thyroïde après les quatre ans ayant suivi l’accident, les ressources médicales devraient être vérifiées afin d’assurer qu’elles sont pleinement adéquates aux besoins. Il semble que l’université médicale de Fukushima est propriétaire d’un système de robotique médicale – le système chirurgical da Vinci, censé éliminer les cicatrices visibles liées à la chirurgie thyroïdienne. Son utilisation devrait être considérée, même si elle n’est pas couverte par l’assurance maladie publique.
  • Il faut mesurer dans toute son ampleur les cas de cancers de la thyroïde, y compris auprès des cas relatifs aux habitants de Fukushima de 19 ans et plus au moment de l’accident ou des cas des personnes résidant en dehors du département de Fukushima.

 

  • L’estimation actuellement menée concernant les cancers de la thyroïde ne repose que sur le contrôle par ultrason. Le temps passant, la participation à l’enquête va sans doute décliner. Un système de livret médical comme celui des hibakusha (victimes des bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki) devrait être mis en place et un registre des cancers devrait être développé en coopération avec les associations médicales municipales et départementales.
  • Nous devons nous préparer aux cancers autres que celui de la thyroïde, tels que la leucémie, le cancer du sein et les autres cancers solides qui, selon l’OMS sont censés s’accroître, et nous devons lancer une enquête à leur sujet. La période minimum de latence pour les néoplasmes malins transmis par le sang tels que la leucémie est déjà révolue. C’est pourquoi je crois qu’il est nécessaire d’enquêter sur les maladies non cancéreuses et de se préparer à y faire face. Bien sûr, il est nécessaire de rassembler des éléments supplémentaires afin de mener une analyse plus détaillée de l’incidence du cancer de la thyroïde et des autres maladies. Les estimations de dose pour l’iode radioactive devraient être reconsidérées compte tenu d’un excès d’occurrence de cancer de la thyroïde au-delà des estimations de l’OMS.
  • Naturellement, le plan de réinstallation des personnes évacuées des zones où le degré d’exposition est en deça de 20 mSv par an, devrait être suspendu dans l’immédiat. Si ce plan de réinstallation est fondé sur un énoncé scientifique incorrect du type « le cancer radioinduit ne survient pas, ou est indétectable même s’il survient, à une exposition inférieure à 100 mSv », il est alors d’autant plus préférable de mettre fin à ce plan et de reconsidérer la situation.
  • Alors que le degré d’exposition aux radiations est encore relativement élevé, un plan plus précis établi selon les tranches d’âge, devrait être préparé de manière urgente, même si ceci n’a pratiquement pas fait l’objet d’une discussion dans le passé. En d’autres termes, des mesures de protection contre la radioactivité devraient être planifiées et mises en place, comprenant notamment des plans d’évacuation temporaire pour les femmes enceintes, les nouveaux-nés, les enfants en bas âge, les enfants, les adolescents, et les femmes susceptibles d’être enceintes.[/paragraph]
Conférence de presse du professeur Tsuda filmée par Togashi San et traduite en français par Cécile Asunama-Brice.

 

Conclusion

Jusqu’à présent, il n’y avait qu’une seule explication proposée à l’intérieur du département de Fukushima : « il n’y a pas d’augmentation du nombre de cancer suite à l’accident. » Ce type d’énoncés ne peut être valide que si les deux conditions suivantes sont simultanément remplies :

1) Il n’y a pas d’excès d’occurrence de cancers radio induits en deçà d’une exposition de 100 mSv ;

2) L’exposition aux radiations dans le département de Fukushima n’a jamais excédé les 100 mSv, et toutes les doses reçues étaient bien inférieures à 100 mSv.

Ces deux conditions ont empêché tout débat quant à la possibilité de mettre en place des mesures réalistes et sans coût de radioprotection.
Or la première de ces conditions n’est même pas scientifiquement fondée et aucun expert, à l’intérieur comme à l’extérieur du Japon, ne peut faire une telle hypothèse de nos jours.
Quant à la seconde condition, elle n’est pas plus pertinente, dans la mesure où la dose équivalente à la thyroïde a été estimée comme étant supérieure à 100 mSv chez des habitants vivant dans les zones en dehors du rayon de 20 km, selon le rapport d’estimation préliminaire de dose réalisé par l’OMS et publié en 2012, rapport qui est ensuite devenu la base du rapport Health risk assessment de l’OMS en 2013.
Les résultats de notre analyse montrent une augmentation du risque de cancer de la thyroïde bien supérieure à la prévision sur quinze ans faite par l‘organisation mondiale de la santé.

Toutefois, nous ne sommes que 4 ans et demi après l’accident nucléaire. Compte tenu de la période moyenne de latence du cancer de la thyroïde et de la tendance temporelle de l’excès d’occurrence de cancer de la thyroïde à Tchernobyl, il est hautement probable que des nouveaux cas de cancer de la thyroïde apparaissent chaque années à un taux 10 à 20 fois supérieur à celui de ces 4 dernières années et demi. Dans un tel contexte, une modification rapide des déclarations effectuées par les autorités est nécessaire, sinon, la confiance sera perdue, ce qui aboutira à une interruption des réponses apportées et des mesures prises pour faire face à la réalité. J’espère que notre étude fournira l’opportunité de revoir les annonces et les plans de réponse des autorités. Sinon, le maintien de la situation actuelle ne fera qu’accroître l’anxiété, la défiance, et les dommages dus à des rumeurs infondées.

Biographie et bibliographie de Toshihide TSUDA

Toshihide TSUDA est professeur en épidémiologie et en santé environnementale à la Graduate School of Environmental and Life Science, de l’université d’Okayama au Japon. Il est né en 1958 à Himeji, dans le département du Hyogo. Il obtient sa licence de médecine à la faculté de médecine de l’université médicale d’Okayama en 1985, et son doctorat en médecine en 1989. En 1990 il devient professeur assistant, puis en 1995 professeur associé au département d’hygiène de l’université médicale d’Okayama. En 2005 il devient professeur d’épidémiologie environnementale à la Graduate School of Environmental Sciences de l’université d’Okayama qui a ensuite été réorganisée pour devenir l’actuelle Graduate School of Environmental and Life Science.
Les champs de spécialité de Toshihide TSUDA sont l’épidémiologie, la médecine environnementale, l’inférence causale et l’épidémiologie de terrain.
Ses principales publications sont les suivantes :

  • Toshihide Tsuda, Akira Babazono, Yoshio Mino, Takanori Ogawa, Yoshiki Kishi, Hideyasu Aoyama and Eiji Yamamoto: Chapter 15 Epidemiological Studies of Cancer in Arsenic Poisoning Patients. Encyclopedia of Environmental Control Technology, Volume 7 High-hazard Pollutants (Paul N. Cheremisinoff ed.), 343-357, Gulf Publishing Company, Texas, 1995.
  • Toshihide Tsuda, Akira Babazono, Eiji Yamamoto, Norio Kurumatani, Yoshio Mino, Takanori Ogawa, Yoshiki Kishi and Hideyasu Aoyama: Ingested Arsenic and Internal Cancer: A Historical Cohort Study Followed for 33 Years. American Journal of Epidemiology, 141(3): 198-209, 1995.
  • Toshihide Tsuda, Yoshio Mino, Akira Babazono, Jun Shigemi, Tadahiro Otsu, Eiji Yamamoto : A Case-Control Study on the Relationships among Silica Exposure, Gastric Cancer and Esophageal Cancer. Am J Ind Med 2000 ; 39 : 52-57.
  • Toshihide Tsuda, Yoshio Mino, Akira Babazono, Jun Shigemi Tadahiro Otsu, Eiji Yamamoto, and Susumu Kanazawa: A Case-control study of lung cancer in relation to silica exposure and silicosis in a rural area in Japan. Ann. Epidemiol. 2002; 12: 288-294.
  • Tsuda Toshihide, Yamamoto Eiji, and Yorifuji Takashi: UNSCEAR 2006 inadequately cited “A case control study of multiple myeloma at four nuclear facilities” (Ann Epidemiol 2000; 10: 144-153. by Wing S et al.). Ann Epidemiol 2009; 19(7): 519-521.
  • Toshihide Tsuda, Takashi Yorifuji, Soshi Takao, Masaya, Miyai, Akira Babazono: Minamata disease: Catastrophic poisoning due to a failed public health response. Journal of Public Health Policy 2009; 30: 54-67.
  • Yorifuji T, Tsuda T, Harada M: 5. Minamata disease: catastrophic food poisoning by methylmercury and a challenge for democracy and justice. In: Late Lessons from Early Warnings vol.2: Science and Society, European Environmental Agency, Copenhagen, 2012.
  • Tsuda T: “Medicine and Hypothesis – Think of Cause and its Effect”, Iwanami Science Library, Iwanami Shoten, Tokyo, 2011. (a book written in Japanese)
  • Tsuda T: “What is Medical Evidence?” Iwanami Shinsho, Iwanami Shoten, Tokyo, 2013. (a book written in Japanese)
  • Toshihide Tsuda, Akiko Tokinobu, Etsuji Suzuki, Eiji Yamamoto: Thyroid Cancer Detection by Ultrasound among Residents Aged 18 Years and Younger in Fukushima, Japan: 2011 to 2014. Epidemiology 2016; 27; in press.